Épisode 2

Épisode 2

Deux mois plus tard

Première partie – Jake Volkov

 

– Phil…, que je chuchote dans sa direction. Hey, Phil!

Il ne me répond pas. On est en position de planche depuis 20 minutes, avec un sac de poids de 125 livres dans le dos pis je pense que les cinq gars de l’unité, on est tous écœurés de trimbaler des charges.

– PHIL! que je répète.

– Quoi! qu’il répond sèchement. Qu’est-ce que tu veux?

– La nouvelle commandante est comme ton dernier one night, que je dis. Tu fais tout l’effort pis y’a juste elle qui a du fun!

Il ferme les yeux et je ne sais pas trop s’il soupire ou s’il souffle pour recracher la sueur qui lui coule dans la bouche.

– Hey, West! que je reprends en pointant du menton le gros chronomètre rouge affiché sur le mur. Bravo, t’as passé le cap du trois minutes trente. Un autre vingt minutes pis tu vas…

– Va chier, Volkov!

Je ris. Je fais exprès pour le piquer parce qu’il est toujours le premier à lâcher. West en premier, Fawkes en deuxième parce que son orgueil attend que quelqu’un capitule avant lui, après ça Hernandez parce que c’est le rookie et qu’il a ses preuves à faire, pis ça finit toujours entre Phil et moi.

– Toi, ça va le privilégié? que je demande à Hernandez, qui est à côté de moi. Penses-tu que le portefeuille à papa pourrait nous faire skip cet entraînement-là?

– Non, mais pour vrai! que lance Fawkes, à l’autre bout de la rangée. Y’a tu quelqu’un qui va lui faire fermer la gueule, à lui?

Hernandez ne dit rien, je ris, je me tiens sur mon avant-bras droit le temps de lui serrer l’épaule avec mon autre main, puis je reprends ma position. Je le sais ben que son père est trop pauvre pour payer qui que ce soit pis que ce n’est quand même pas sa faute si la nouvelle commandante a décidé d’échanger un des gars de l’équipe pour un rookie de première année, mais qu’est-ce que tu veux, c’est de même qu’on appelle ceux qui by-pass le cours normal de la hiérarchie. Hernandez est privilégié d’avoir sauté une année, pis ben… y’a pas un privilégié qui ne se fait pas écœurer.

– C’est drôle…, qu’il dit un peu essoufflé. Tu ne la… fais pas… chier avec ça… elle.

Elle.

Elle aussi c’est une privilégiée.

Apparemment, débarquer d’un hélicoptère en sang, en pleine nuit, ça donne le droit d’arriver de nulle part pis de bumper les autres commandants.

BANG! que j’entends sur la droite.

West vient de flancher. Pendant qu’il fait l’étoile sur le plancher du gym, elle le regarde de loin, mais ça n’a pas l’air de l’intéresser ben ben parce qu’elle retourne à pitonner sur sa conso.

– Bon! que je lance à Fawkes qui est à l’autre bout. Tu peux capituler sans avoir l’air d’une tapette, à c’t’heure.

– Mange de la…

BANG!

Sa main glisse, il se pète le visage dans le plancher, moi, je ris.

Il ne reste plus que Phil, Hernandez et moi.

– Tu lui donnes combien de temps? que je demande à Phil.

– Pour lâcher prise ou pour te sacrer un coup de poing dans la face?

– Ton bet.

– Trois minutes, qu’il dit. Pour les deux.

– Nah… check ses bras, il commence déjà à trembler. Ça va le privilégié? T’es-tu en train de nous péter une crise de parkinson?

– Laisse-le donc tranquille!

Je baisse la tête pour mieux voir le visage d’Hernandez. Il me regarde du coin de l’œil pis il retourne à fixer le sol devant lui, les lèvres pincées pis la veine qui lui sort du front. Il est rendu mauve

– J’pense que t’as oublié de respirer, le rookie.

Ah my god! que lâche Fawkes, exaspéré, qui s’est tourné sur le dos pour reprendre son souffle. Elle n’aurait pas pu le trader lui, au lieu d’échanger Hernandez pour…

BANG!

Hernandez vient de tomber à son tour.

WOOH! que je crie.

Phil et moi, on se regarde.

Il sourit.

Je souris.

Il se replace sur ses avant-bras.

– C’t’entre toi pis moi, mon frère.

– Le premier qui perd paie le pichet.

 

Deuxième partie

Jake Volkov

– Yo, le rookie, que j’attire son attention parce que ça fait vingt secondes que je tends mon paquet de cigarettes vers lui pour lui en offrir une.

Il se tourne vers moi, il regarde le paquet pis il me fait non de la tête. Je sais qu’il ne fume pas, mais ce n’est pas grave, je l’oblige quand même à venir avec moi parce que c’est le plus nouveau pis ben… le plus nouveau fait généralement tout ce qu’on lui dit faire. De toute façon, je suis pas mal certain que lui aussi est écœuré d’écouter Fawkes se plaindre.

J’hausse les épaules pis j’allume ma clope.

– On a le droit de fumer? qu’il demande avec un sourcil plus haut que l’autre.

J’hausse encore les épaules en expirant la fumée.

–  C’est tu toi qui a appliqué pour être recruté par l’Agence? que je demande en retour.

Il fait non de la tête.

– Bon. S’ils sont venus te chercher, c’est parce qu’ils te veulent, ils ne vont pas te foutre à la porte pour une cigarette.

– Sauf peut-être si tu sors en pleine nuit, que j’ajoute, avec un peu de réflexion.

Il acquiesce pis, les mains dans les poches, il joue du bout des pieds avec les deux mauvaises herbes qui dépassent de l’asphalte.

– Lâche ça! que je dis en lui donnant un coup de pied. C’est mon cendrier.

Il ne dit rien pis tête baissée, il s’accote sur le mur de briques. Moi, j’allais bien, mais plus je le regarde, plus j’ai le goût de faire une dépression.

– Hernandez! que je lance, les mains dans les airs. Pourquoi t’as la face de ma grand-mère quand elle perd au Bingo? J’étais de bonne humeur là. Tu brises mon mojo, depuis qu’on est sortis de l’entraînement.

Il fronce les sourcils.

– T’as pas dit que t’avais grandi dans la rue? qu’il demande.

OK, c’est quoi son point?

– Ouais ben… si j’avais eu une grand-mère qui était à chier au Bingo, j’suis sûr qu’elle aurait eu la même face que toi, que je réponds simplement. C’est quoi qui se passe?

Il regarde dans le vide, il réfléchit et après une dizaine de secondes, il hausse les épaules.

– J’pense que la commandante ne m’aime pas, qu’il finit par dire.

No shit. La commandante n’a pas l’air d’aimer personne et bien franchement, je ne pense pas que beaucoup de monde l’aime en retour.

– Et? que je demande. On ne l’aime pas nous non plus.

Il ne répond pas.

– J’veux dire… même les supérieurs ne la laissent pas s’asseoir avec eux, que j’ajoute. Qu’est-ce qui t’énerve?

– C’est juste que…

Il secoue la tête et il soupire.

– C’est juste que si elle décide de me recaler en première année, je vais avoir manqué un mois d’entraînement, qu’il reprend. Après ça, aucune chance que je sois à jour et que je passe les tests de fin d’année.

Pauvre gars.

Pauvre gars, que je me dis, parce comme le trois quart des gens ici, il pense qu’il bénéficie d’un privilège juste parce que l’Agence est venue le chercher. On va se le dire, l’Agence est un institut non-gouvernemental qui met la main sur des secrets d’état partout dans le monde et qui est tolérée juste parce qu’elle prend des contrats et qu’elle fournit des soldats d’Élite aux autres services secrets, en se faisant un paquet d’argent sur le bras des recrues qui passent l’Assermentation. Non, ils ne vont pas le mettre dehors juste parce qu’il a manqué deux mois d’entraînement.

Mais comment expliquer ça à une recrue qui pense qu’il est en train de vivre la chance de sa vie?

Tourne ta langue, Volkov, t’es en mission prévention-suicide.

Je prends une puff et je m’accote sur le mur à côté de lui.

– Elle n’est pas plus avancée que toi, que je finis par dire, avec agacement. Ça fait trois semaines qu’elle est débarquée à la base, personne ne sait qui c’est ou d’où elle vient et elle a déjà bumpé la moitié des commandants qui font partie de l’Agence depuis une dizaine d’années. En plus, depuis le début, on ne fait rien d’autre que de traîner des poids pendant que toutes les autres unités s’entraînent dans des disciplines avancées. Fais-moi confiance, Hernandez, je ne pense pas qu’elle soit en position de te rétrograder, sans prendre un méchant coup sur sa réputation.

Bon. Trois semaines, ce n’est pas tout à fait vrai. Ça fait plus comme deux mois qu’elle est arrivée en pleine nuit, mais si l’Agence a décidé de garder ça secret, j’ai décidé de garder ça secret moi aussi. Du moins, jusqu’à ce que je puisse l’utiliser à mon avantage.

– Ouais. T’as raison, qu’il finit par dire. T’as raison.

Il tend la main en direction de ma tope, je lui donne, il prend une puff avant de me la redonner. Juste comme je la reprends, il y a cinq ou six gars qui tournent le coin en provenance de la cour Nord.

Ugh.

C’est les gars de l’unité d’explosifs.

– Volkov! que crie le chef douchebag des cinq autres douchebags. Paraît que vous faites juste lever des poids pendant que toutes les autres unités risquent leur vie?

Fucking Fawkes.

S’il pouvait arrêter de se plaindre à tout le monde, aussi, qu’on ne devienne pas la risée des troisième année.

– Pis? qu’il continue, en passant devant nous. Tu t’sens-tu prêt à sauver le monde en soulevant des gros sacs à dos?

Je prends une puff et je lance ma cigarette dans sa direction. Il se tasse à la dernière seconde pour l’éviter.

– Non, que je réponds en soufflant la fumée. Mais j’me sens prêt en esti pour soulever ta chicks, par contre.

Il me fait un fuck you, moi, j’ouvre la porte pour laisser entrer Hernandez.

– C’est qui eux? qu’il demande pendant qu’ils s’éloignent tous en riant.

– La nouvelle unité de notre ancien commandant, que je réponds. Habitues-tu toi parce qu’on n’a pas fini d’entendre parler d’eux.

Il passe, je passe, je referme derrière nous.

– Tu t’en vas où? qu’il demande en voyant que je prends l’escalier plutôt que le couloir qui mène à la caf.

-Vas te coucher, que je dis. C’est une grosse journée demain.

 

Troisième partie

C

Fascinant! Wow! C’est vraiment fascinant, que murmure le Doc, en ajustant la lunette de son microscope.

J’arrache le pansement à l’endroit où il a inséré son aiguille et je me lève pour le jeter à la poubelle. Assis dans le coin de la pièce, les jambes croisées, le Général Ferguson se frotte le menton.

– Peut-être, Docteur, auriez-vous l’obligeance de me faire part de l’objet de votre fascination? qu’il demande.

Le Docteur se relève, il renverse les éprouvettes et fait tomber la pile de radiographies qui se trouvent sur le coin de son bureau.

– B-bien sûr, qu’il bégaie, en essayant de tout ramasser. Évidemment. Bien entendu. Résultats : stables. Progression : nulle. Activité cérébrale ; suggère un rythme incohérent avec le potentiel de …

Bla, bla, bla.

Mes oreilles bourdonnent, je perds le fil de ce qu’il raconte, ça ne m’intéresse pas de toute façon. Pendant qu’il saute d’un écran à l’autre en expliquant au Général les résultats de ses tests dans un langage que je ne comprends pas, Ferguson essaie de suivre son monologue en hochant la tête au même rythme qu’il sautille partout. Moi, il commence à me fatiguer, ça fait que je me tourne vers le Général.

– Est-ce qu’il y a autre chose? que je demande.

– Non, je crois que ce sera tout pour aujourd’hui, qu’il me répond.

– Bien.

J’ouvre la porte et je sors, devant le regard déconcerté du Dr Bishop. Pendant que je m’éloigne dans le couloir, j’entends le Général demander :

– Est-ce qu’il y a quelque chose de particulier à signaler, Docteur?

– N-non, mais…

– Merci. On en reparlera plus tard, qu’il dit, avant de courir derrière moi.

J’accélère le pas, il me suit, je marche plus vite en espérant le semer parce qu’il est vieux, il me court après.

– C, qu’il m’appelle.

Je l’ignore.

– C ! qu’il répète plus fort.

Je ne pense pas que je peux aller plus vite que ça, alors je décide d’en finir rapidement, je le laisse me rattraper.

– C…, qu’il reprend essoufflé, quand il arrive à ma hauteur. On doit se parler.

Je ne dis rien parce que je sais bien qu’il va continuer de toute façon. Il suit mon pas, il sort un mouchoir de sa poche pour s’essuyer le front, visiblement, le Général n’a plus la même forme qu’il avait.

– Il y a…, qu’il commence en reprenant son souffle. Il y a des rumeurs qui courent au sujet des entraînements que vous faites suivre à votre unité.

Vous.

Je ne sais pas ce qui me vaut cette courtoisie, mais je me force pour ne pas rouler des yeux.

– Ok, que je réponds parce que je ne sais pas ce qu’il veut que je dise d’autre.

– On entend, de part et d’autres, que vous ne faites que des levées de poids.

Je ne dis rien.

Il attend.

Je ne réponds pas ; ce ne sont pas des rumeurs, c’est la vérité.

Où est-ce qu’il veut en venir?

– Ils sont en troisième année, Commandante. Les levées de poids ne font même pas partie du programme, c’est un entraînement hors cours, qui est minimalement requis en première année pour se garder en forme. Si vous continuez comme ça, vous allez perdre la confiance de vos gars.

– Hmm, que je réponds simplement.

– Est-ce que ça ne vous importe pas?

Je fronce les sourcils.

– Est-ce que ça devrait?

Il s’arrête, je poursuis mon chemin.

– C! qu’il crie dans mon dos.

Je m’arrête à mon tour. Pas parce qu’il me l’a ordonné, mais parce que s’il lève le ton une fois de plus après moi, je pense que je creuse un fossile dans le mur avec son crâne. Je me tourne. Lentement, les poings serrés, la mâchoire contractée pour m’empêcher de l’envoyer chier, je me tourne lentement vers le Général.

– Quoi, que je réponds avec un calme plus apparent que ce que je ressens.

– Bon sang, c’est toi les as choisis! Ne veux-tu pas au minimum les former comme tu le veux?

– Je ne les ai pas choisis, Jonas. J’ai choisi les moins pires, dans ce que tu m’as forcée à prendre. Ne flatte pas ton égo, en te faisant croire que j’ai demandé à être ici, je le suis uniquement parce que tu m’as obligée.

– Il n’y a personne! Qui t’as obligé! À être ici! qu’il insiste à chaque deux ou trois mots, en serrant les poings.

– Non? que je demande.

Je ris.

– Non? que je renchéris encore, en me rapprochant de lui. Vraiment?

Il ne répond rien.

– Alors pourquoi est-ce que ma chambre est dans le bloc le plus éloigné de toutes les entrées et sorties? que je demande. Pourquoi est-ce qu’elle est séparée par sept SAS, trois moniteurs à double-identification et cinq grillages qui sont surveillés en permanence, hmm? Ça, c’est sans parler de l’impossibilité de passer inaperçue en traversant les trois salles les plus fréquentées et les cours qui sont surveillées par les gardiens à qui vous avez donné l’ordre, j’en suis certaine, de vous aviser de mes déplacements. Et vous allez me faire croire, Général Ferguson (j’insiste sur ces deux derniers mots-là), que je suis libre de partir à ma guise?

Il ne dit rien.

Il me regarde, je le regarde, on s’observe pour un long moment.

– Si tu voulais vraiment quitter, C, arrête de faire semblant, il n’y a aucun de ces obstacles-là qui te retiendrait.

– Vrai. Mais encore, vous feriez tout en votre pouvoir pour m’empêcher de retourner à la Faculté, que je dis. Et vous savez très bien que c’est la seule raison pour laquelle je reste ici.

Il soupire.

Il baisse les épaules, il soupire, il me fait ses yeux piteux que j’ai déjà vus en quelque part.

– Je…, qu’il commence.

– Oui? que je le presse.

Il capitule.

– Je retourne au manoir pour quelques jours, qu’il finit par dire. S’il y a une urgence, veuillez-vous adresser à mon secrétaire.

C’est bien ce que je pensais.

Il reste là et moi, je fais demi-tour.

Ils peuvent bien aller chier, son secrétaire et lui.

 

Quatrième partie – Wolfe

– Ouvre la porte! que je crie du couloir à la salle de bain.

– Attends, je me lave! que me répond Lilia.

– Ça fait trois heures que tu te laves!

– Deux et demi! qu’elle crie en retour.

Elle m’énerve.

Elle en a sûrement pour un autre trois heures et demi, alors je descends au rez-de-chaussée pour préparer le déjeuner. De toute façon, ce n’est pas comme si j’étais pressé, je n’ai pas dormi de la nuit parce qu’elle n’arrêtait pas de ronfler et de baver sur mon épaule et en plus, je déteste les premiers jours d’école.

J’ouvre le frigo, je mets quatre tranches de pain dans le grille-pain et je sors la confiture aux framboises parce que c’est sa préférée. Je pars la cafetière, je sors sa tasse porte-bonheur et je mets trois cuillérées de sucre dedans.

Je ne sais même pas pourquoi elle boit du café. À trois cuillers de sucre, c’est plus du diabète à saveur de mochaccino qu’un café au café, mais peu importe. Si ça peut la mettre assez de bonne humeur pour me laisser en paix, je vais lui faire, son foutu café.

Je sors sa boîte à lunch, je sors la mienne, je nous fais des sandwichs. Pendant ce temps-là, la serrure de la cuisine est en train de cliquer, la porte s’ouvre.

– ALLÔ???? qu’il s’écrie en entrant.

– Boss, que je réponds simplement, en beurrant les tranches.

– Ah, Wolfe! Je n’étais pas sûr si vous étiez déjà levés.

– Hmm, que je dis en regardant l’heure. Bien… on est levés. À 7h30, comme à tous les jours d’école, depuis genre dix ans. Bon retour à la maison, Boss.

– Allôôôôôô? que s’écrie Lilia, en ouvrant la porte de la salle de bain du deuxième étage.

Je roule les yeux.

Elle dévale l’escalier, elle surgit dans la cuisine, elle ne laisse pas Boss déposer ses trucs qu’elle lui saute dans les bras.

– Pops! qu’elle s’exclame en le serrant contre elle.

Pops.

Je ne sais même pas pourquoi elle l’appelle Pops, il n’est jamais là et quand il l’est, ce n’est jamais pour plus que deux ou trois jours.

– Lilianna! qu’il dit, avec salut officiel.

– Général Jonas Ferguson! qu’elle répond, avec un salut militaire.

Elle ne le fait même pas bien.

Je roule encore les yeux, je claque la porte du frigidaire, ils sont gênants tous les deux.

– Je suis content de vous voir, qu’il dit en refermant la porte derrière lui.

– Nous aussi! Juste à temps pour le premier j…

– Pour combien de temps? que je les coupe.

Il se tourne vers moi, pendant je mords dans ma toast.

– T’es flà pour combfien d’ftemps? que je répète la bouche pleine parce qu’il ne répond pas.

– Jusqu’à ce soir, qu’il finit par dire en évitant mon regard.

– Ah! que je réponds, en ignorant le regard meurtrier de Lilia qui l’aime un peu trop. Bien, ça va te laisser tout le temps nécessaire pour jouer la figure paternelle essentielle à notre épanouissement, jusqu’à dans deux ou trois semaines.

– En fait, je tombe justement en vacances dans…

– Ouais, OK, cool, que je le coupe en poussant les portes battantes de la cuisine. On se revoit tantôt ou pendant tes vacances.

Je monte au deuxième étage et maintenant que Lilia a libéré la salle de bain qui pue la noix de coco et le savon à la Lavande, j’en profite pour me partir une douche en espérant qu’il soit couché quand je retourne en bas.

Je pousse les dernières bouchées de ma toast dans le fond de ma gorge pis je saute dans l’espace de trois pieds carrées.

– LILIA!!! que je crie, sans obtenir de réponse.

Fucki…

Je soupire et je ravale mes mots.

Elle a encore pris toute l’eau chaude.

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