Chapitre 4 – La rentrée

 

Brody Butnam

Chambre 11030

Fuck, que je soupire pour la huitième fois en regardant sous le lit. Où est-ce que je l’ai mise…

Je tasse ma paire de bottes, je soulève le tapis au pied de lit et je fouille une dernière fois dans le tiroir de ma commode.

– Qu’est-ce que tu cherches comme ça? que me demande Jenny qui vient de sortir des toilettes, enroulée dans sa serviette.

– T’aurais pas vu une chaîne en or avec une croix comme pendentif?

Elle réfléchit un instant et elle jette un coup d’œil dans la salle de bain avant de revenir en secouant la tête.

– Désolée, pas vu.

Je continue à chercher pour une dizaine de minutes au bout desquelles je finis par me rendre à l’évidence — soit je l’ai oubliée dans la voiture, soit je l’ai perdue. Un ou l’autre, je n’ai plus le temps de chercher si je veux arriver au premier cours à l’heure avec ma cheville qui me ralentit. J’enfile la chemise blanche et la jupe noire et bleue du pensionnat, je me glisse dans mes mocassins noirs et je viens me placer à côté de Jenny devant le miroir.

Elle est sexy, elle brille, elle sent la noix de coco et moi…

Moi, j’ai l’air du avant dans une émission de relooking pour quarante et plus.

– Ça donne quoi? que je demande.

– Heum…, qu’elle hésite en me fixant les pieds.

– T’es supposée mentir, Jenny. T’es supposée faire semblant.

– Absolument ravissante!

je soupire.

Je suis son regard et je baisse les yeux.

– C’est le brun de ma cheville, hein?

– C’est le brun de ta cheville, qu’elle approuve avant même que j’aie fini ma phrase. On dirait que tu viens de faire CrossFit dans le bois. Pour vrai, cache-la dans la bordure de tes bottes.

– On n’est pas sensées porter des souliers noirs?

– On est sensées porter l’uniforme. Pour le reste, tu peux bien mettre ce que tu veux.

Jenny prend ses livres, elle quitte la chambre et de mon côté, j’enfile mes bottes avant de me regarder une dernière fois dans le miroir.

Beaucoup mieux.

– Un sept, que je soupire. Ce sera un sept.

Sept, c’est la note infaillible que je score dans l’échelle de la popularité. En bas, ce sont les solitaires, en haut, les gens populaires et à sept, c’est le vieux Reader’s Digest qui traîne dans la bibliothèque de ta mère. Quelque chose qu’on aurait du jeter depuis longtemps, mais comme on ne le remarque pas, on le laisse tranquille.

Le sept, c’est juste parfait quand les relations interpersonnelles ont une date de péremption qui ne s’étend jamais au-delà du 25 juin.

Ouep.

Je le sens, ce sera un sept.

 

Brody Butnam

Sur la fin du dîner

Ok.

J’étais peut-être un peu optimiste et prétentieuse en m’attribuant un sept parce que visiblement, l’avant-midi ne m’a pas aidé à remporter plus qu’un deux et demi. Pas d’échange d’horaire, pas d’invitation à suivre personne jusqu’à la prochaine classe, encore moins à joindre une table pour le dîner.

Et ça, c’est sans parler des présentations.

Les maudites présentations devant la classe parce que pour vrai, il n’y a pas une seule amitié dans l’histoire de l’humanité qui est déjà née de cette humiliation. Il n’y a personne, dans la vie, qui écoute la nouvelle se présenter et qui se dit : «Wow, beau nom de famille, belle histoire, cristi qu’on va être amis!».

C’est donc comme ça que j’arrive seule au cours d’histoire, cinq secondes et trois quart après que la cloche ait sonné.

– Mademoiselle Butnam, je présume? que demande l’enseignant.

J’articule muettement des excuses sur le bout de mes lèvres, mais j’ai la vague impression que derrière ses grosses lunettes et sa moustache du quinzième siècle, elles rebondissent aussi fermement que la lumière sur le dessus de son crâne dégarni.

– Vous pouvez laisser ouvert, qu’il dit quand je viens pour fermer derrière moi.

Je lâche la poignée, je balaie rapidement la pièce des yeux et quand je vois l’unique chaise inoccupée à quelques mètres de moi, je soupire.

Je soupire et j’étouffe un sacre parce qu’évidemment, elle est à côté de la seule personne que j’aurais voulu éviter — Caleb Cockburn qui est écrasé dans son banc, la chemise à moitié sortie du pantalon et la cravate aussi peu soignée que ses cheveux.

Je commence à m’avancer, mais je n’ai pas fait deux pas que monsieur Viola, qui est en train de tracer son nom au tableau, m’interpelle.

– Inutile de vous asseoir, vous allez commencer par venir vous présenter.

Non.

Sérieusement.

Par pitié, non, épargnez-moi.

– Hum…, que je commence, un peu mal à l’aise. Si vous permettez que je m’assois, ce sera la quatrième fois aujourd’hui. Je pense que tout le monde commence à connaître mon nom.

– Non. Je ne vous le permets pas.

Il finit de tracer Monsieur Ernest Viola sur son tableau, il se tourne vers moi et il me fait signe de venir le rejoindre à l’avant. J’hésite un instant et parce que les têtes commencent à pivoter dans ma direction, je finis par céder. Je me rends à son bureau, j’essaie d’ignorer mes joues qui brûlent et je bégaie un peu.

– P-pareil qu’il y a seize ans et pareil qu’il y a cinq heures, que je soupire en regardant l’heure sur mon téléphone pour ne pas voir ceux qui m’observent. Mon nom est étonnamment toujours le même.

Je vois quelques sourires apparaître, mais je ne trouve pas ça amusant. Je trouve ça particulièrement gênant, ça fait que je n’attends pas de réponse, je me mets en marche vers l’arrière de la classe.

– Vous vous pensez drôle? que m’interrompt Ernest qui a perdu le respect du titre monsieur.

– Non. C’est juste que c’est la quatrième fois aujourd’hui, que je répète.

Il s’avance et quand il est rendu à ma hauteur, il me regarde droit dans les yeux pour une seconde.

Puis deux.

Puis trois, puis il finit par me regarder de la tête aux pieds, pour s’arrêter à mes bottes.

– Eh bien. On dirait que vos camarades ne vous apprécient pas beaucoup… sans quoi ils vous auraient prévenu que vos souliers sont non-conformes.

Je baisse la tête. Je regarde ceux des autres et je constate qu’effectivement, je suis la seule à ne pas porter du noir. En chemin, j’aperçois furtivement Jenny qui détourne instantanément les yeux pour cacher son petit sourire en coin.

«On est sensées porter l’uniforme. Pour le reste, tu peux bien mettre ce que tu veux».

Fantastique.

Merci Jenny Brightway.

Je ne sais pas qui me fâche le plus entre Ernest et elle, mais je me dépêche de faire demi-tour parce que maintenant, c’est définitif, tout le monde me fixe.

– Pareil pour vos collègues, que je marmonne avec colère. Sans quoi on vous aurait dit que votre moustache n’est plus à la mode depuis  1982.

Les plus proches de moi éclatent de rire, je me retourne aussitôt pour voir si Ernest m’a entendue, mais heureusement, il a l’air de penser que c’est à cause de lui qu’ils rient. Deux secondes plus tard, je saute dans ma chaise pour essayer de disparaître.

Caleb ne me regarde pas une seule fois.

Quant aux deux élèves qui se trouvent à la table devant, ils tournent la tête vers nous.

– Audacieux, princesse, pour ta première journée, que me lance Stan en fixant mes bottes non-conformes.

– Le noir n’est pas dans ma palette, que je réponds avec mauvaise humeur.

– T’as entendu Caleb? Le noir n’est pas dans sa palette.

Il se penche pour lui passer la main dans les cheveux, mais l’autre lui tasse brusquement la main. La fille aux cheveux presque blanc lui donne un coup de coude dans les côtes, Stan rit, puis il revient à moi.

– Intéressant à savoir, mais je parlais de t’asseoir à côté de lui, qu’il précise. Ne le prends pas personnel. Les gens en général ne sont pas dans sa palette.

Ils se retournent tous les deux et plus personne ne me parle.

Pour les quarante prochaines minutes, plus personne ne me parle.

 

Caleb Cockburn

Dans le passé

Quand j’ouvre les yeux, le soleil m’aveugle et je dois instantanément me cacher le visage pour essayer d’atténuer la douleur qui me déchire le crâne. J’ai la bouche sèche, la gorge irritée par le vieux goût de whiskey et j’ai un vague souvenir de la veille. Un souvenir d’avoir avalé une ou trois bouteilles, cachets en prime, avant de perdre la carte.

J’attends sans bouger et quand je constate que je respire encore, je me résigne à m’asseoir. Je me frotte les yeux, je regarde le sable dans lequel je suis assis et parce que je ne comprends rien, je finis par regarder autour.

Rien.

Il n’y a absolument rien, à part une route et un vieux dépanneur au milieu du désert.

– Qu’est-ce que…? que je soupire.

Ah, merde.

Belle grosse putain de merde.

Je me laisse retomber dans le sable et je fixe le ciel en essayant de me rappeler comment je me suis rendu jusqu’ici. Je me souviens d’être dans la chambre de l’orphelinat, d’attendre que sœur Évelyne finisse sa ronde et de sortir la bouteille cachée sous l’oreiller. Je me souviens de la caller à coup de douze gorgées, de la vomir et puis de la terminer. 

Après ça, c’est le vide.

Le vide total, pas même un flashback de là-bas jusqu’ici.

Je finis par me lever du sol et je m’avance vers la bordure de la route pour avoir une idée d’où je suis.

«Route 362», que je lis sur la pancarte.

Jamais entendu parler, mais à voir les environs, j’ai le sentiment que le bus ne passe pas aux demi-heures dans le coin. Je mets les mains dans les poches, je soupire puis je me demande comment je vais faire pour partir d’ici.

Je regarde à gauche, je regarde à droite, c’est le désert partout. Je me rends jusqu’au dépanneur et je pousse la porte. La clochette retentit, mais il n’y a personne, ni derrière le comptoir ni nul part d’autre à l’intérieur.

– Allô?

Pas de réponse.

Et si je me fie à la poussière qui s’est accumulée dans le présentoir à chocolats, pas grand monde qui passe par là non plus. Je prends une barre, je dépose deux dollars sur le comptoir et je retourne à l’extérieur. Je reste une ou deux minutes debout, dans les escaliers, à manger en contemplant l’échec de ma dernière virée.

– Du chocolat. T’es au milieu de nul part et ce que tu choisis de manger, c’est du chocolat.

J’arrête de mâcher et je tourne la tête vers le vieux monsieur qui vient de parler, plus loin sur le balcon.

Il a la barbe grise, les doigts bruns et il m’observe dans sa chaise berçante en tirant sur sa pipe.

– J’ai déposé deux dollars sur le comptoir, que je dis en prenant une nouvelle bouchée.

– Ça ne sert à rien. Il n’y a pas de caisse enregistreuse, ici. On ne donne pas de change.

– Ça va. Vous pouvez le garder.

Il prend une bouffée de sa pipe et il l’expire en me souriant avec ses deux rangées de dents jaunes qui font aussi peur que lui. Je termine ma barre de chocolat et comme il continue à se bercer sans rien dire, je descends l’escalier, je regarde des deux côtés et je décide de partir vers la gauche.

Je n’ai pas fait quatre pas que j’entends sa voix derrière moi.

– Il n’y a rien par là, qu’il dit.

Je m’arrête, je le regarde et je finis par rebrousser chemin. Je décide de partir vers la droite.

– Il n’y a rien par là non plus, qu’il reprend.

Je mets les mains dans les poches et je me tourne vers lui.

– Ok. Alors par où je vais? que je demande.

– Par là ou par là, qu’il répond en pointant les deux directions vers lesquelles je viens de m’avancer. Ça dépend des jours, mais je ne sais pas quel jour on est.

Super.

Je suis coincé dans le désert avec un vieux fou.

– On est jeudi, que je lui indique. C’est mieux de passer par où, les jeudis?

– Jeudi, hmm? T’es certain qu’il s’est écoulé moins de douze heures entre ta brosse et ton arrivée?

Je fronce les sourcils.

Quant à lui, il prend une nouvelle bouffée de sa pipe et il éclate de rire avant de disparaître derrière l’épais nuage de fumée qu’il vient d’expirer par les narines. Il rit, il rit encore, et il rit tellement longtemps que je commence à perdre patience. Il se tape deux ou trois fois sur la cuisse et son rire finit par s’évanouir.

Lentement.

Comme en écho.

Un écho qui donne presque froid dans le dos puis il reprend son sérieux.

– Jeudi, vendredi, samedi… c’est tout le temps la même chose, ici.

Je garde le silence et je jette un coup d’œil à ma montre.

Elle est brisée.

Derrière la vitre craquée, les aiguilles se sont arrêtées.

– Il va bientôt faire nuit, qu’il dit. Si j’étais toi, je me trouverais un arbuste dans lequel dormir… ça fait des jours qu’il n’a pas fait nuit.

Je lève la tête.

Le soleil est bien haut dans le ciel — il doit être midi, une heure tout au plus. Visiblement, le vieux à la pipe est cinglé et ce n’est pas lui qui va me dire par où passer.

– Ok, que je soupire. Ok, je vais faire ça. En attendant de me trouver un arbuste, peux-tu au moins dire où je suis?

Il tire une dernière fois sur sa pipe, il se lève et il s’avance vers la porte de son dépanneur.

Juste avant d’entrer, il se tourne vers moi.

– Tu peux partir par où tu veux. À gauche, à droite, devant, quelque part entre la vie et la mort. Ce n’est pas compliqué, Caleb. Dans les limbes, il n’y a jamais nul part où aller.

 

Caleb Cockburn

Dans le cours d’histoire

– Est-ce tu vas m’aider ou…? qu’elle demande après que Viola nous ait passé le questionnaire.

Les mains dans les poches, je fixe le bureau devant moi et je ne réponds pas. Ça ne me tente pas de lui répondre. À cause d’elle, ça fait quinze minutes que Jenny nous fixe et s’il y a une chose que je déteste encore plus que Pine Crescent, c’est probablement Jenny Brightway.

– Non, qu’elle soupire. Non, clairement tu ne vas pas m’aider.

Du coin de l’œil, Trinity me dévisage avec la même face qu’elle m’adresse habituellement pour m’indiquer que je suis sur le bord de dépasser la limite de l’acceptable. Normalement, je l’écoute, mais la nouvelle a déjà commencé à remplir le questionnaire, ce n’est pas nécessaire de me faire chier.

Stan et Trinity mettent dix minutes à le compléter. La plupart des autres quinze et elle…

Elle passe cinq minutes à chercher chaque réponse dans le manuel.

– Pas une bolle en histoire, hein? que je dis.

Brody et Trinity — les deux en même temps essaient silencieusement de m’assassiner. La première, je peux gérer, la deuxième… je ne sais pas ce qu’elle a à toujours vouloir que je sois plaisant. Même quand je me force, je ne sais pas comment l’être et ce n’est pas comme si les autres l’étaient particulièrement avec nous.

– Peut-être que si tu m’aidais, ça irait plus vite…

Je ne dis rien.

Je la regarde, sans bouger, sans expression, jusqu’à ce qu’elle tourne la tête et jusqu’à ce que Trinity  me donne un coup de pied sous la table.

Je roule les yeux, je soupire et je lui arrache la feuille des mains.

– #5, #12, #13, #18 et #20, que je marmonne avec impatience.

– Hmm?

Elle se penche pour voir, elle me frôle l’épaule et je me raidis aussitôt.

Je déteste, j’hais par-dessus tout qu’on me touche et ça me prend un effort surhumain pour ne rien laisser paraître. Je laisse tomber le questionnaire devant elle en espérant qu’elle s’éloigne rapidement.

– Les réponses 5, 12, 13, 18 et 20 sont mauvaises, que je répète. A, C, D, D, B.

Je croise le regarde Trin et je n’ai pas besoin de parler pour qu’elle comprenne ma face de «Es-tu contente maintenant?». Elle approuve, Brody corrige les réponse et je peux tranquillement retourner à la haine que je porte à Jenn. Ce n’est pas que je me soucie spécialement de la nouvelle, mais ce n’est pas nécessaire de m’occuper de Jenny pour deviner qu’elle est responsable de l’histoire des bottes.

Cinq heures.

Ça ne fait pas cinq heures que l’école est commencée et le règne Brightway s’est déjà mis en marche.

– Ton amie va continuer à nous fixer comme ça tout le reste du cours? que je demande, au bout d’un moment.

La nouvelle pose les yeux sur moi, elle suit mon regard et j’assume qu’elle l’aperçoit parce qu’elle répond en grognant.

– Ce n’est pas mon amie. C’est ma colocataire.

– Hmm. Mes sympathies.

Elle rit amèrement, je me tourne vers elle.

On s’observe pour quelques secondes et parce que je ne comprends pas pourquoi elle rit comme ça, elle me dévisage.

– C’est assez ironique venant de ta part…

– Pourquoi?

– T’es sérieux? qu’elle me demande, sceptique.

Je ne réponds pas, j’attends qu’elle poursuive.

– … peut-être parce que t’es aussi agréable qu’un cancer de la prostate?

– Tu trouves que je suis désagréable?

Devant nous, Trinity vient pour s’interposer, mais Stan l’oblige à se retourner vers l’avant. Je suis presque sûr qu’il pense que je ne l’entends pas quand il murmure :

– Laisse-le… c’est déjà un exploit qu’elle ait réussi à lui retirer plus que trois mots…

Je l’ignore.

La nouvelle, elle, n’a sûrement pas entendu parce qu’elle continue.

– Attends, est-ce que tu penses être sympathique comme individu? qu’elle demande.

– Tu n’as pas répondu à la question.

– Toi non plus.

– Tu trouves qu’elle, elle est sympathique? que je l’interroge à nouveau,  la voix neutre, le visage plein de dégoût en pointant Jenny du menton.

– Déjà plus que toi avec ton attitude et tes questions bizarres.

– Quelles questions bizarres?

– Cette question-là, entre autres. Et vos questions sur ma famille, si j’ai des proches dans les environs, si je crois en Dieu, si je trouve que Jenn est sympathique. C’est quoi ces questions-là? qu’elle s’emporte.

– Hmm.

Elle m’énerve.

À part sa cheville tordue de laquelle je suis en partie responsable, je n’ai quand même pas été si pire avec elle. Je l’ai défendue à quatre reprises devant Dylan et la seule raison pour laquelle elle est encore à Lord Webber, c’est parce que je le permets.

Ça fait qu’elle m’agace.

Elle m’irrite profondément.

Je me tourne vers l’avant, elle se tourne vers l’avant, je range les mains dans les poches, elle croise les bras.

On ne se parle plus.

Pour les trente prochaines secondes, on ne se parle plus.

Puis juste comme la cloche vient pour sonner, je reprends.

– Est-ce que tes trucs ont déjà commencé à disparaître?

Surprise, elle ouvre la bouche et elle hésite.

Cinq secondes plus tard, elle finit par la refermer.

– Hmm. Aussi sympathique qu’un cancer de la prostate, cette Jenny.

La cloche sonne.

Je prends mon sac à dos, je me lève et je m’en vais.

Derrière moi, j’entends Stan et Trinity presser le pas.

– Et après ça, on se demande pourquoi on n’a aucun ami, qu’elle dit.

 

Tous droits réservés ©

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *