Mon romantique one night avec un manga

Il était une fois… j’étais SPM en tabarouette!

Ça fait que je suis assise dans mon sofa, je regarde le plafond, je me dis que si par malheur la foudre frappait dedans et qu’il me tombait dessus en me sectionnant le corps en deux… pour vrai, je le prendrais pas si mal que ça. C’est sûr que je sauterais pas de joie (j’ai plus de jambes — je viens d’être tranchée à l’horizontal), mais je serais pas non plus genre : «CRIME Y’A PLEIN DE SANG SUR MON PYJ DE BATMAN!!!». J’serais juste genre : «Bah, fallait ben que ça arrive, anyway j’suis menstru pis j’ai pas bougé du divan depuis le décès de Marie-Soleil Tougas, check ben l’hydro-courant quand je vais me lever, toé!».

Tout ça pour dire, félicitations si t’es une menstru-sunshine, mais moi, dans mes SPM, j’ai l’humeur d’une roche sédimentaire. Y’a trois activités que je privilégie particulièrement pendant cette agonie du mois : 1- Faire escalader les conflits à un niveau nucléaire pour un sac de riz échappé avec trop de vigueur, 2- Errer sans but dans l’appart que j’ai soudainement le goût de redécorer en noir du purgatoire, 3- Pitcher mes chaises de patio sur le char du voisin.

Tout ce qui ne fait pas partie de cette liste, c’est de la marde! Ce qui fait que quand mon chum me voit me morfondre comme Jabba the Hutt sur mon coussin pis qu’il me suggère aimablement des activités visant à me redonner le goût de vivre, je me dis : «Donne-moi la ta liste de hobbies de marde que j’y sacre le feu et que je la regarde mourir dans l’évier, en écoutant c’que ça fait des fibres de papier immolées qui crient au secours». J’suis pas à fleur de peau, j’suis juste proche de mes émotions t’sais.

Ça fait qu’il m’endure pas plus que je m’endure moi-même, il va se coucher, j’pars Netflix. C’est déjà laborieux choisir mon film quand j’ai l’humeur à la galipette, ça risque d’être un périple sur un sacré temps cette histoire-là. J’évalue mes options. J’feel pas tant film d’horreur, pas un drame, j’hais la science-fiction, j’veux pas voir du monde s’aimer, pas la patience pour endurer l’incontournable side chick toujours foutument inutile d’un film d’action pis j’ai pas le goût de rire, j’ai juste le goût de puncher quelqu’un dans la gorge. Deux heures de film, c’est trop long pis un épisode d’une heure, c’est un investissement de temps trop risqué si Daryl n’y figure pas. Faque… qu’est-ce qu’il me reste?

F*** all. Absolument sweet f*** all.

Ok, je réfléchis, je décide d’y aller avec une valeur sûre, j’suis pas du genre à retourner voir mes ex, mais j’essaie de me rappeler ce que j’aimais avant de perdre le goût de vivre. Éclair de génie, je cherche «South Park». Pas là… merde. Ok, je vais y aller avec «Les Schtroumpfs»… Pas là, batinsse. Bon, «Sailor Moon», d’abord…PAS LÀ TAB****! Y’A RIEN SUR NETFLIX À MARDE!!!

Ça fait que je garde mon sang froid. Je me lève, je lance la manette, je punch le bac à recyclage, je kick le rack à shoes, je m’apprête à flipper la table dans les airs pis là, je le vois. Du coin de l’œil. Le petit icône timide qui essaie de m’entourlouper avec ses regards séducteurs qui me gênent. Lui qui traîne dans la suggestion des titres similaires à «Sailor Moon», lui à qui je réfrène les ardeurs parce que j’suis peut-être menstru, mais j’suis loin d’être prête à m’assumer en tant que anime-lover, t’sais.

Vampire Knight. Bout de viarge, le nom à lui seul est infaillible au Panty Drop pour 14 ans et moins, depuis 1964. Un dude aux cheveux d’argent qui est penché sur une écolière dans son lit de pétales de rose. Un cover qui me donne le goût de me frotter le corps avec mon gel douche saveur florale, un cover où dans la version Hentaï, c’est clairement une tentacule qui est en train de se glisser quelque part sous cette jupe-là.

En tout cas, je me calme, je m’assois, je le check, il me check. Sailor Moon, c’était mon ex auquel tu reviens un mardi soir quand ta bouteille de vodka et toi vous sentez seules. Mais Vampire Knight… pour vrai, veux-tu ben me dire pourquoi est-ce que j’suis même en train de considérer l’affaire qui sent les phéromones juvéniles jusque dans mon salon. Calvaire, j’aime même pas ça les mangas!!! Ça doit être les SPM pis le cover «vaine existence» qui m’interpelle, mais clairement, y’a une émotion qui se vit icitte là!

So je me lève, je vérifie que la porte de la chambre est fermée, je baisse le son, je pars l’épisode 1. Je fais un pacte de sang et de silence avec mes chats parce que man, s’il faut que mon chum apprenne que j’écoute un manga d’ados vampires à l’impétueux triangle amoureux, je n’ai plus fini d’en entendre parler. Je trippe, mais je trippe solide ma fille. Je capote! Je suis tellement dedans que ça me prend trois épisodes pour réaliser qu’en dépit de mon japonais fluide, je pourrais aussi le mettre en anglais, mais r’garde. L’amour n’a pas de langue, moi, Yuki, Kaname pis Zero Kiryu, ma foi, en vit-on des épopées émotionnelles qui viennent mettre ma sensibilité en branle.

Ça fait qu’au bout de 26 tumultueux épisodes et d’une série incomplète sans maudite conclusion, je vais me coucher, l’âme en deuil face à toutes ces questions sans réponse. Pour vrai, j’aurais de loin préféré que le plafond me coupe le corps en deux que de vivre cette ardeur pas de fin. En tout cas. Le lendemain :

Mon chum : Bé………………………..? C’est quoi ça?

Moi qui arrive au salon en me frottant les yeux : De quoi?

Lui qui pointe la télé : ……. ÇA!

Torrieux, j’étais pourtant certaine d’avoir parti 8 séries random pour le faire disparaître de la section «Recently Watched».

Moi : Hmm… Je sais pas. Peut-être ta soeur?

Lui : Ah ok! HAHAHA, j’aurais ri de toi en sacréfice!

Moi : HAHAHA… ben non… HAHAHA… J’suis plus mature que ça c****!

Ça reste de même. On va magasiner, j’abandonne mon chum dans son magasin de vestons trop chics, tu viendras me rejoindre au Renaud-Bray. Pas vrai que j’ai perdu une nuit de sommeil pour un asian romance sans aboutissement, je me sens incomplète, faut que je sache qui Yuki a choisi. Ça fait que je cours. Manga, manga, manga… c’est où c’te maudite section-là! Ordre alphabétique, «V», vampire, got it, pogne le tome 1, sprint à la caisse, la fille me juge lourdement, enweye fille, emballe-moi ça que ma vie trouve un sens avant que mon chum arrive!

Ça fait que deux jours plus tard, on est dans un souper de famille avec les géniteurs de mon copain pour fêter nos anniversaires. Les grands-parents sont là, les frères et soeurs pis toute. Tout va bien, on a du fun, on vient pour partir : «Oops! On allait oublier les cadeaux!».

Je trippe cadeaux sur un solide temps, genre que tu pourrais m’emballer du Palmolive dans un papier de soie, rien que de le déballer, je suis émoustillée. Donc je prends le sac qui m’est tendrement tendu, je tâte, je shake, je sens, je fais durer le plaisir, je plonge ma main dans le sac, je retire le contenu pis qu’est-ce que je vois pas…………… Vampire Knight tome 2 et 3. Pis là j’suis comme «Oh…».

J’suis pas tant sortie du placard encore, pourquoi est-ce que mon arousing-romance m’est ainsi publiquement étalé sous le yeux en ce moment? Ça fait qu’on part, merci mon homme pour l’exposition notoire de l’objet de mes désirs, moi j’suis gênée, lui est crampé, moi j’me demande comment il a su coudonc! Pis lui est comme : «Bout de viarge que t’es obvious!».

Je me justifie : MAIS JE L’AIME!

Lui : Qui ça?

Moi : Zero!!!!

Lui : Y’existe pas!

Moi : Mais y’est beau!

Lui : C’est un dessin calvaire! Y’est en deux dimensions!

Moi : Ok? Toi non plus t’as pas de profondeur pis je t’aime pareil. C’est quoi ton point?

Je bougonne. Il rit, il rit de ma gueule en sacréfice. Rira bien qui rira le dernier, je sors mon téléphone, m’en va sur Amazone.

Lui : Pis? Tu en train d’acheter ton costume pour le prochain Cosplay?

Moi : Non, j’t’en train d’acheter le tien pour le prochain foreplay. PS : t’apprendras à dire pipe-o-points en japonais. En attendant, fuzakerune futotta kuso boy!

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