Top 5 des pires usagers de la STM

Tsé, au cours d’une vie, on apprend plein de choses. On apprend à faire du vélo, on apprend à lire, on apprend à gérer nos premières peines d’amour. Pour grandir, on dit qu’il faut apprendre à se remettre en question. Une des choses qui m’a le plus apprise à me remettre en question, c’est la STM. No joke. Parce que sérieux, y’a rien qui te fait poser autant de question qu’une odeur de vieil oignon du Subway qui te rappelle que t’as p’t’être oublié d’te mettre du déo avant de partir. Une pair de yeux que t’aperçois dans le reflet de la vitre qui te fait demander : «Est-ce que j’ai un nice booty ou j’ai juste oublié que j’étais dans ma semaine?». Ou encore, si tu me check de même, c’est tu parce que tu me présenterais à tes draps ou c’est parce qu’il fait -40 dehors et que j’ai un filet de morve que je suis vraiment trop mal à l’aise d’essuyer parce que tu me regardes comme Jutras r’garde un enfant.

Mais la plus grande remise en question que la STM m’a amenée à faire est la suivante parce qu’on va se l’dire, dans l’métro, le monde est weird en ta**** : est-ce que c’est moi qui a vraiment trop le jugement facile ou ben est-ce que je fit tout simplement dans l’moule? J’y ai pensé. J’y ai VRAIMENT pensé. Toi aussi tu devrais y penser. Pis si tu fais partie d’une de ces cinq catégories, fais juste arrêter de penser. T’es l’genre de personne qui donne envie de changer de wagon.

 

1- LA WRECKING BALL

C’est une femme dans la quarantaine, à mi-chemin entre Miss Trunchbull et la grosse larve dans Star Wars. Si tu sais pas qui est Miss Trunchbull, félicitations, tu as eu une enfance heureuse et t’as aucun traumatisme lié au Chocolate Cake. La grosse larve, elle traîne 12 sacs, attend le métro assise ben confortablement sur les bancs, pis quand le train arrive, Watch Out! Elle fonce dans le tas comme tu fonçais sur ton petit frère à Mario Kart pour lui faire perdre ses ballounes en mode «Duel». T’es enceinte, handicapé, âgé, elle s’en sacre. She came in like a Wrecking Ball, c’t’à elle que le banc libre est réservé.

 

2- LE QUÊTEUX INSISTANT

J’ai rien contre les quêteux. Pour vrai, je donne pratiquement à tous les gens qui quêtent, même le squigi au coin de St-Michel qui me frame parce qu’il lave pas les vitres de char. Le quêteux insistant, c’est pas celui qui vogue gentiment d’usager en usager. C’est celui qui reste à côté de toi, à te supplier, quoique ça fait 8 fois que tu répètes que t’as pas de change. Le quêteux insistant, il a une odeur particulière où lorsqu’il franchit un certain périmètre, ton café est contaminé. Le processus de péremption est accéléré, le lait a formé une couche gluante au fond du verre. Ta prochaine gorgée, c’t’un bloc de lait caillé aussi grumeleuse que l’écume au coin de ses lèvres. Pis quand tu lui dis non pour la neuvième fois, c’est avec tout le charme de son haleine douteuse qu’il te susurre «BEN VA CHIER CALISS» avant de passer à la prochaine victime.

 

3- LE MICHAEL JACKSON DU WAGON #4

Le Michael Jackson du wagon 4, il n’exprime pas sa passion, il la vit avec intensité. Pis c’est correct. J’veux dire, si t’aimes danser en public, y’a des endroits pour ça. Dans les films, c’est la troupe de Step Up qui débarque avec son breakdance. À Montréal, c’tun gars avec un hoodie Ecko rouge qui mime un rap quelconque, avec les moves du soleil dans le générique de Enfant-forme. J’suis impressionnée. J’suis même fuckin impressionnée parce que moi aussi, j’ai passé mon enfance à essayer d’y aller avec la même vigueur que lui. Le soleil d’enfant-forme a brisé des rêves, je suis vraiment contente que t’aies vécu les tiens jusqu’au bout.

 

4- LE SLEEPER

Le sleeper te donne pas nécessairement envie de changer de wagon, il t’inspire juste une profonde jalousie. Il a shotgun le banc confo près de la fenêtre, toi t’es pogné sur le p’tit banc tout seul, où t’as l’cul à moitié accoté sur les cuisses du monsieur bizarre aux jambes trop longues. Il a le filet de salive aux lèvres, toi t’as l’équilibre d’un unijambiste qui se retient à l’accoudoir à chaque arrêt de station. Si t’es sur la ligne verte, t’as de la chance, il est un peu plus haut que sur la ligne orange. Tu peux te retenir avec un minimum de dignité, pendant que personne te voit te serrer le coude pour t’empêcher de tomber. Le sleeper, tu le jalouses parce qu’il dort bien, mais surtout parce que tu sais pertinemment qu’il va manquer le terminus. C’est le dalaï-lama du Montréal sous-terrain, il ira là où jamais tu n’iras. Il se rend là où le métro se rend quand le métro n’est plus. Parce que sérieux, on s’est tous déjà demandé ce qui se passait avec le sleeper qui découvre le mystère de l’après dernière station. On le voit partir, mais jamais ne le voit-on revenir…

 

5- LE CREEP

Les cheveux gras, un polar vert et mauve fluo, une tuque condom d’où le réservoir lui pend au bout de la tête. Y’en a qui la porte avec style, lui a juste l’allure d’une tête de gland. Parlant de gland, il marche avec de grandes enjambées donnant l’impression que y’a quelque chose de pas propre qui lui colle dans le fond du pants. Le creep, il est creepy parce qu’il parle fort avec tous ces gens. Tous ces gens qui l’accompagnent et qui n’existent pas, mais qui sont visiblement en train de le mettre en tab****. Le creep, il crie tout seul et tu le guettes tout au long de ton trajet parce qu’il n’y a que deux issus possibles à cette épopée périlleuse ; ou il sort à Berri, ou il te plante une seringue souillée dans l’corps. Tu pries fortement que ce soit juste un prof de philo un peu fucké de l’UQAM.

Sur ce, vive la STM ; la meilleure excuse pour arriver en retard depuis 1966. Bon retour au travail en ce nouveau lundi!

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