Resident Evil 7 – Biohazard

Ça fait qu’on est dimanche après-midi, pendant que mon copain et moi, on magasine nos légumes ben chillos au Loblaws. Lui fait semblant de m’écouter et moi, je lui raconte comment ma chum et moi on s’est collées des crottes de fromage dans les dents la veille, juste pour le plaisir de la chose. Je sais qu’il est pas tant intéressé, mais ça comble le silence pendant que je repose les 18 concombres qui sont pas assez frais à mon goût. Au fond, c’est juste une tactique pour pas qu’il me presse dans ma sélection laborieuse du légume prodige. C’est comme la baguette de Harry ça. C’est pas moi qui choisit le légume, c’est le légume qui choisit son maître. Anyways, 10 coups de foudre végétaux plus tard pis coincés à la caisse express, en arrière de la fille qui vient de débuter sa carrière dans le couponing, je lui demande ce qu’on fait à soir (à mon chum, pas à celle qui a le temps d’éplucher les publisacs parce qu’elle ne travaille pas, c’est est une princesse).

 

Peu imaginatif et surtout parce que je l’ai perdu depuis mon histoire de crottes de fromage, il hausse les épaules et moi de répondre : «Hey, on pourrait acheter le nouveau Resident Evil!». Je suis ben enthousiaste de mon idée, lui lève la tête, les étoiles dans les yeux, les papillons dans le ventre, la poussière d’ange virevolte autour nous, on vient de raviver la flamme dans notre couple. Ça se joue tu à deux? Non, pas grave tu joueras, je vais te regarder! Un vrai gentleman.

 

L’affaire c’est que j’ai jamais joué à un Resident Evil dans toute mon existence. Je ne sais ça se situe où exactement dans l’échelle de la grosseur du tas que tu fais dans tes culottes, mais ce que je sais, c’est que sur l’échelle de la lâcheté… je suis au stade de la fille qui a déjà cr**** son camp à la vitesse du Road Runner, avant même que tu aies demandé «c’était quoi ce bruit là?».

 

Ça fait qu’on achète le jeu, on sort les pizzas pochettes et le concombre prodige, on ferme les lumières pis on part le jeu. Sur l’avertissement, il est écrit : «Si vous vous sentez inconfortable, prenez une pause», on rit, on visionne l’intro avec avidité. Je me souviens qu’il m’a dit qu’il allait regarder, mais je suis courtoise, la manette traine sur la table comme la dernière saucisse cocktail qui attend de savoir qui sera l’heureux élu qui osera. Et lui de me dire «vas-y!». YESSSSSS! Je me lance dans son embuscade avec la même naïveté que la fille qui voulait devenir une princesse et qui s’est ramassée à faire du couponing.

 

J’ai UN traumatisme dans la vie : Les tronçonneuses. Pour cause d’avoir été exposée à Texas Chainsaw Massacre à un âge trop précoce. J’ai fuckin peur des Chainsaws. Genre que mes seuls cauchemars, pour vrai, impliquent toujours une chainsaw et j’ai tellement peur que même dans mon rêve, je le sais que je rêve et je me dis : «Réveilles-toi championne, tu vas péter du coeur». Sans exagération.

 

Ça fait que j’arpente les couloirs d’une maison délabrée à la lumière de ma lampe de poche qui flicker. 10/10 pour la crédibilité du jeu, j’ai le feeling de me retrouver dans un film de Rob Zombie que je ne finis jamais parce qu’ils me rendent trop inconfortable. Sauf que là j’ai payé 90$ pour cette idée d’immersion de cave que j’ai eu en magasinant mes concombres, ça fait que je continue à avancer dans le house of a 1000 corpses en ignorant le tas qui est train de se former dans mes culottes. Non seulement je suis en train d’arpenter un sous-sol creepy à la recherche d’une chambre de dissection (une pièce charmante devinera-t-on), mon personnage est même enchanté de le faire, à la recherche gambadante de sa femme qu’il est ben heureux d’apprendre qu’elle est toujours en vie. Personnellement, si ce n’était que de moi, je lui aurais dit : «F*** you bit**,t’avais ink à pas te mettre dans marde!», mais en tout cas. L’option n’était pas offerte, ça fait que j’ai continué à jouer dans les cadavres, en quête de clés pis toute.
Pis c’est là que je commence à voir clair dans l’embuscade de mon chum qui se voulait jusqu’ici si galant. À mesure que mes «T’es sûr tu veux pas jouer mon amour?» deviennent des «TIENS, PRENDS LA MANETTE!»…….. ses «Nonon, c’est beau joue my love» deviennent des «OH HELL FUCKIN NO!».

 

Clairement, si j’étais la femme en détresse, il aurait sans doute trouvé soudainement intéressant d’aller magasiner 18 concombres à l’épicerie pour trouver le légume prodige. Anyways, sans trop spoiler le jeu pour les amateurs, il est à peu près 1h du matin quand j’atteint finalement la chambre de dissection pour me retrouver dans une pièce, face au boss. Pis t’as jamais vraiment réalisé la valeur d’avoir un grand frère ou une grande sœur, jusqu’à ce que tu te retrouves face au boss. Parce que back in the days, tu trouvais ça chiant de partager la console avec la fratrie qui se battait pour faire le prochain tableau. Mais calvaire que t’étais content quand c’était la grande sœur qui prenait les choses en charge, rendue au boss! Parce que toi tu survivais pas plus loin que les trois premiers X sur la manette du SNES, mais la grande sœur, elle clanchait les boss comme un douchebag clanche la pédale sur sa Civic montée. Du NES à la XBOX ONE, c’était LA référence en matière de clanchage.

 

Tout ça pour dire…

 

Je suis dans la pièce avec le boss pis je cours en rond dans un 2m carrés en criant «QU’EST-CE QUE JE FAIS? QU’EST-CE QUE JE FAIS?» et mon chum de répondre : «TIRE ESTI! TIRE!»…

Ben oui le cave, je pèse sur tous les pitons depuis tantôt pour voir si y’en a pas un qui va le faire chanter Frère Jacques.

Et c’est sur sa brillante suggestion de tirer que le boss sort une Chainsaw.

Pas une mini Chainsaw.

Une fuckin monster Chainsaw, double lame, en forme de ciseaux, fonctions multiples, 10 vitesses, 8 cylindres, pis toute. Le Boss court, je cours, mon chum crie, les voisins crient, je crie encore plus fort, les chats sont terrorisés pis ma sœur habite trop loin pour venir battre The Boss. Je meurs une première fois (dans le jeu) avec un rythme cardiaque inquiétant (dans la vie). Je recommence par 8 fois (toujours avec la même discipline que la fille qui se sauve dans le bois dans Texas Chainsaw Massacre), je me lève, je suis étourdie, je ris pu tant de l’avertissement «prenez une pause» duquel j’avais tant ri au début, je recommence une neuvième fois où je me fais scier le corps en deux, pis c’est là que mon chum me shoot : «Bon ben bonne nuit, m’en va me coucher…».

 

Wait… What?

 

J’peux pas sauvegarder………tu peux pas me laisser de même?!?!

 

«F**** you b****, t’avais ink à pas te mettre dans marde!»

Faque c’est de même que j’ai fini sur un site d’Harry Potter, à magasiner des baguettes chez Mr Ollivander en criant «Récurvite» pour nettoyer le gros tas que j’avais fait dans mes culottes.

 

PS: Faute d’avoir essayé les autres, le jeu est vraiment extraordinaire dans son ensemble. Tant que tu joues à la clarté. Avec des Ativans. Pis une couche.

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