Le temps des fêtes : Clients de merde (partie 2)

Les intros dans un texte, c’est comme les remerciements aux oscars, tout le monde s’en sacre. Let’s get straight to the point parce que y’a rien de plus l’fun que d’se mettre en gang et de chialer. Ça fait que comme promis, voici la suite du top 10. Juste au cas où vous pensiez être safe. J’aime ça être porteuse de mauvaises nouvelles, alors c’est comme ça que je vous annonce tout bonnement que vous avez p’tête encore une chance de vous retrouver dans le top 10. Dans la liste du monde qui devrait hiberner plutôt que d’aller magasiner.

 

6-L’IRRESPONSABLE

On pourrait dire que c’est son titre premier, mais en plus d’être irresponsable, c’t’un frustré d’la vie. Correction ; c’est LE king des frustrés de la vie. C’est pas celui qui a perdu sa facture et qui te demande gentiment de la retrouver. C’est l’autre. L’enragé qui trouve pertinemment logique de se faire rembourser un produit sans preuve qu’il ait été acheté dans ton magasin parce qu’après tout, y’a juste ton magasin qui vend la dernière saison de Walking Dead. L’irresponsable, il est même pas un peu mal à l’aise de te dire qu’il a pas de facture. Lui, il exige son remboursement sur un ton arrogant pis quand tu lui demandes sa facture, c’est avec surprise qu’il te dit «Ben… je l’ai pas mon esti de sa facture». La conserver, s’pas sa responsabilité, c’est le magasin qui devrait entreposer les bills des 300 clients qui entrent par jour. Parfois il est honnête et parfois il pense qu’il a réinventé l’industrie du vol à l’étalage. Toi, t’es né d’hier et lui, il pense que c’est le premier à penser à prendre un produit random sur les tablettes avant de s’essayer pour un retour. L’irresponsable, c’est jamais l’étoile qui shine sur le top du sapin. C’est celui qui a plus de sacres que d’arguments dans yeule parce que finalement, son intelligence, elle est aussi absente que son reçu.

 

7- LE PIKSOU

Le Piksou, c’est l’es** de gratteux. Pis pas parce qu’il manque d’argent parce qu’il entre avec son bel habit, sa montre Rolex pis ses lunettes fumées. Il est même pas encore arrivé à ton comptoir que tu le juges déjà parce que sérieux, qui porte des lunettes fumées à l’intérieur? Le gratteux, il va mettre ça au clair dès le début : «C’est pas pour l’argent, c’est pour le PRINCIPE!». Le Piksou, c’est celui qui t’obstine pour 3$ sur un achat de 150$. Le Piksou, c’est celui qui t’arrive avec huit circulaires différents pour matcher le prix. Celui qui a 15 articles avec des erreurs d’affichage parce que la politique d’exactitude des prix, il la connaît par cœur pis même si tu peux voir qu’il a décollé une étiquette pour la coller par dessus l’autre, il t’assure qu’il est legit. Ce client là, c’est celui qui exige que tu lui charges une TV plasma à 25$ parce qu’elle était toute seule dans le rayon des films, pis non, c’est certainement pas un client qui l’a déplacée sans la remettre à sa place. C’est pas lui qui est dans le tort, c’est l’étiquette qui affiche « Barbie et son poney 24,99$ » en haut de l’unique Sony 52 pouces dans un rayon de 30 mètres. Le Piksou, c’est le client à qui tu finis par donner 2$ de ta poche, rien que parce que t’es tanné d’l’entendre chialer. Pis quand il arrive chez lui le soir, il se roule dans nos 2 piastres parce que sa fortune, il l’a pas gagnée à la bourse, il l’a gagnée avec ses principes.

 

3- LA SIRÈNE

Je parle pas de la sirène qui chante sur le top de sa roche. J’parle d’la méchante grosse sirène qui crie sur les camions de pompier. Elle alerte de sa présence dans un périmètre de 20 pieds carrés. Son ultime goal : mettre tout le monde dans la file contre toi. Les clients sont mal à l’aise, toi t’es mal à l’aise et son mari lui, il recule pas à pas, se cherchant quelque chose à aller regarder plus loin. Pendant qu’il flâne (faussement intéressé) dans la section des objets que personne achète, sa folle, elle crie. Il te lance un dernier regard de compassion «Si je m’interpose, je dors dans l’panier du chien à soir…» ou des fois, il te chuchote qu’il s’excuse, c’est juste qu’il la sort pas souvent. La sirène, elle pense qu’on la voit comme Arielle quand elle a plus la subtilité et la finesse d’Ursula. 20 ans auparavant, c’était probablement une avocate, mais depuis que sa mémoire lui fait défaut et qu’elle se souvient plus c’est quoi la protection du consommateur, elle essaie juste de t’intimider en t’disant qu’elle va revenir avec son fils. Après tout, son mari s’en mêle p’tête pas, mais puisque le manque de savoir vivre est héréditaire, il doit être aussi mal élevé que sa mère.

 

9- LE CATCH ME IF YOU CAN…

Il est parent avec celui qui prend les produits sur les tablettes et essaie de se les faire rembourser. Il est un peu plus rusé, mais pas tant que ça. Il est sans scrupule. Il utilise le carrosse de son enfant, il envoie sa grand-mère. Il pense avoir les skills de Mesmer quand y’a plus ceux de ton petit cousin qui fait ses débuts en magie. Il surestime son intelligence et visiblement, il sous-estime la tienne. C’est celui qui met le blâme de l’alarme sur ses nouveaux vêtements quand il porte un chandail Exco de 1990. Celui qui achète une PS4 et qui la retourne avec une PS2 dans la boîte :«J’te l’jure je l’ai achetée comme ça!!!». Son père, il a inventé la crosse où tu te fais 200$ en faisant faire du change à la caissière et depuis, il veut l’impressionner. Il est juste assez cave pour que tu saches que c’t’un crosseur et pas assez pour que tu réussisses à l’prendre sur le fait. Ce client là, tu le connais pis tu l’attends. Il est peut-être reparti quatre fois avec un Ipod, mais quand tu le vois entrer la 5me fois, tu sors le pop corn pis les lunettes 3D. Tes boss sont déjà en train de préparer l’assaut pis à soir, c’est pour lui que les sirènes chantent.

 

10- L’HABITUÉ

L’habitué, c’est celui qui arrive à ton comptoir et qui te demande un traitement de faveur avec un clin d’œil, comme si vous partagiez un lien privilégié. L’habitué, c’est «Celui qui achète toujours chez vous», même si en quatre ans de service, tu y’as jamais vu la face. Il te dit de look up son nom dans le système pis avec tous ses retours, tu t’demandes comment ça vous avez pas encore fait faillite. L’habitué, il aime appuyer son point avec un : «Hey la grande, j’ai dépensé 2000$ icitte!».

Ok.

Mais si tu rembourses tout, ça s’annule.

Il demande à voir ton gérant, qu’il connaît même par son prénom et quand tu dis à ton gérant que Georges veut lui parler, il te demande : «C’est qui ça Georges?». Tu connais pas Georges, mais à écouter Georges parler, sont allés prendre une bière à la brasserie hier. Georges, il pense que de connaître le nom de ton gérant, ça y donne autant de poids que de connaître le Big Boss des Hells Angels. Georges, y’é venu deux fois dans place et il pense que tout le monde se souvient de lui. Georges, c’est l’ironie même parce que personne sait c’est qui, mais tout le monde finit par le connaître parce qu’un jour, y’a dépensé 2 000$ dans ton magasin.

 

BONUS ONE : LE FROMAGE BLEU

Le dernier et non le moindre, le fromage bleu. Celui que tu reconnais à son odeur parce que tu la goûtes. Elle est juste un peu plus prononcée que celle du vomi que t’as ravalé. Pendant quelques secondes, tu remets en question l’efficacité de ton nouveau déo. Pis c’est là que tu le vois. Le client radioactif. A mesure qu’il approche, tes collègues s’éloignent. Le rack à batteries n’a pas été rempli depuis huit semaines et drôlement, ils sont soudainement cinq à vouloir s’occuper du facing. Eux il courent, lui il avance lentement. Tes yeux coulent, tes poils de nez frisent pis tes glandes nasales sont en train de fondre. Tu sais pas trop s’il s’est pas lavé ou s’il vient de chier dans ses culottes. Tout ce que tu sais, c’est que t’es pas capable d’identifier l’odeur parce que même la fois où t’as passé une semaine dans le bois, à l’époque où t’avais une hygiène douteuse, t’étais même pas proche d’y ressembler. Le fromage bleu, il te tend son billet de 20$ que tu mets dans un compartiment à part pour être certain de pas y retoucher. Il est pas méchant. En fait, il est super gentil et quoique tu veux pas voir ce qui se trouve en dessous de la croûte, t’as même un peu d’admiration pour lui. Ce monsieur là, il vient de créer une nouvelle arme bactériologique.

Ceci étant dit, maintenant que j’ai rempli ma part du deal, que j’ai complété mon top 10 et que toi pis moi on partage un lien privilégié *Wink*, j’en profite pour te dire que j’ai renversé un peu de vin sur ma machine Karaoké. Ça fait que de mon bord, j’vais m’arranger pour avoir ma facture quand je vais me pointer à ton comptoir, le 2 janvier. En échange, tout c’que j’te demande, c’est de me croire quand j’vais te dire : «J’te l’jure, je l’ai achetée comme ça!!!».

Encore une fois, je vous souhaite un excellent temps des fêtes et je lève mon chapeau à tous les associés du service à la clientèle!

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