Le temps des fêtes : Clients de merde (partie 1)

Le temps des fêtes arrive à grands pas! Pour la première fois en huit ans, je grince pas des dents juste à y penser parce que pour la première fois en huit ans, je n’aurai pas à subir le Boxing Day. Tous ceux qui ont déjà travaillé dans un magasin grande surface savent que le temps des fêtes, c’est juste chiant. La musique de Noël le 1er novembre, les vols, les retours, les clients chialeux… Le moment de l’année où les mésadaptés sociaux sortent de leur cave pour te rappeler qu’ils existent parce que t’as mis les onze derniers mois à les redouter et que tu vas mettre les onze prochains à essayer de les oublier. C’est ça le temps des fêtes. Et par compassion, mon premier réflexe est de pointer tous les associés du service à la clientèle en criant «HAHAHA!». Un peu comme quand ton meilleur ami se pète la gueule et que t’es vraiment crampé. Pis juste après, tu réalises qu’il a tellement mal qu’il s’est peut-être blessé. Ça reste fuckin drôle, mais on dirait que tu peux comme pas autant savourer le plaisir juste parce que tu sais qu’il souffre et que ça fait de toi une mauvaise personne. Ça fait que pour m’attirer du bon karma et pouvoir rire sans culpabilité, j’ai décidé de faire ma part. Ma propre campagne de prévention du client chiant. Le client que tu veux pas être dans le temps des fêtes. Le client que t’as peut-être déjà été sans le savoir…

 

1- LE CLIENT OBAMA

Le client Obama, c’est celui qui pense être dans la lignée présidentielle. Celui qui se pointe avec la certitude qu’il va avoir ce qu’il veut, même si ce qu’il demande c’est qu’on lui serve un fromage et caviar dans un magasin d’électronique. Les procédures? Fuck les procédures! Il se rappelle de 1992. Il a vécut l’époque du Client Roi et d’ailleurs, il pense que ça s’applique toujours. Le client Obama, on le reconnaît par son «R’garde, j’pense que tu sais pas j’suis qui…», phrase qui se termine souvent par un titre professionnelle qui a aucun es** de rapport avec son achat. Toi, t’es caissière. Lui, s’t’un agent de bord. Clairement, il est plus élevé dans l’échelle des carrières prestigieuses, ce qui lui donne le droit d’exiger de ta part un traitement différentiel. Ce qu’il veut, s’t’une exception, mais parce que la politesse vient pas nécessairement avec le rang social, il pense que ça se demande sous la forme de «Je sais que tu peux l’faire, tu VAS le faire!». Cher monsieur Obama. Je sais que tu penses que t’es important. Mon voisin aussi pense qu’il est important. JE pense que je suis pas mal haut placée dans la chaîne de l’importance et même mon chat pense être à la tête de la chaîne quand il trempe ses pattes pleines de litière dans mon assiette pour me voler mon poulet. Mais la vérité, c’est que t’es personne. Ça fait que à moins que t’aies jouer dans Passe-partout ou dans les Intrépides, t’as vraiment pas assez de prestance à mes yeux pour que je by pass les règles.

 

2- LE CHRISTIAN GREY

Le client Christian Grey, il est une coche en dessous de Obama. Son problème à lui, c’est pas l’importance qu’il s’accorde. C’est juste qu’entre ses conférences de PDG, ses allées-retours en hélicoptère à Seattle et ses escapades dans le Red Room of Pain, y’avait pas le temps de venir retourner son produit. La période de grâce des retours qui s’étire du 1er novembre au 7 janvier, c’est pas pour lui. C’est pour le monde normal, comme vous et moi, qui passent leurs journées suants en pyj sur le couch à essayer leurs nouveaux cadeaux de Noël. Pour lui, deux mois s’pas assez. Le client Grey, c’est celui qui se présente le 8 ou le 9 avec la ferme conviction que la date limite choisie, c’est juste une décoration de plus sur sa facture.

 

3- LE PERDU

Le perdu, c’est un de ceux qui sont pas sortis de leur cave depuis l’année passée. Le perdu, y’a fait tout plein d’affaires pendant son année de réclusion. Y’a joué à WOW, il s’est retapé les Star Wars pour être à jour à la sortie de The Force Awakens, il s’est même construit des maisons en bâtons de pop sicle. Le perdu, il se pointe au magasin le 26 décembre et il comprend pas pourquoi y’a autant d’êtres humains à la même place, en même temps. Lui, tout ce qu’il veut, c’est retourner son jeu parce que sa mère lui a pas acheté le bon. Il fait la file pendant 40 minutes, se disant que la densité de la population a vraiment augmentée depuis sa dernière sortie pis arrivé à la caisse, il pète sa coche quand tu lui annonces que y’a pas de retour cette journée là. Le Boxing Day, il sait pas c’est quoi. Il pense que c’est un événement sportif. Il trouve ça inconcevable quand tu lui expliques que c’est un jour où les entreprises prennent de l’argent et n’en redonnent pas. Il trouve ça inconcevable qu’avec son retour au Boxing Day, dans la liste des priorités du commerce, il est à peu près au même niveau que le vieux café du Tim qu’un client a caché entre deux CD.

 

4- CELUI QUI A JAMAIS PASSÉ LES AUDITIONS DES DÉBROUILLARDS…

…parce qu’on va se l’dire, la débrouillardise, c’est pas son fort! Lire les étiquettes à l’arrière de la boîte, c’est trop long. Essayer un jeu avant de l’acheter, ça demande trop de temps. Checker quels produits ne se retournent pas, c’est trop d’effort. Lui, il a vécut l’arrivée des premiers club vidéos et il pense qu’avec l’avancée de la technologie, les entreprises sont des buffets de location. Les droits d’auteur, c’est une notion abstraite pour lui. Il comprend pas que même s’il a finit son jeu, il est pogné avec. Il comprend pas que même si ses partys de noël sont passés et qu’il n’a plus besoin de sa caméra, il est pogné avec. Le pas débrouillard, c’est celui qui a comme argument de prédilection que c’était pas sa responsabilité de lire sa facture et que c’était à toi de lui dire que son Zelda n’était pas compatible avec les Playstation. Parce que t’aurais dû savoir qu’il voulait jouer à la WiiU sur son PS4! Le pas débrouillard, c’est la raison pour laquelle il est écrit «ATTENTION CHAUD!» sur les cafés McDo.

 

5- L’AVOCAT

L’avocat, c’est pas vraiment un avocat. C’est juste un dude qui pense être callé en droit parce qu’un jour, y’a été sur le site de la protection du consommateur. Lui, partir magasiner, c’est partir à la guerre pis il est prêt à se battre. En fait, il sait même pas ce qu’il est venu acheter parce que ce qu’il est venu faire, c’est foutre la marde dans ta journée! Tout ce qu’il veut, c’est trouver une raison de te poursuivre. Il a glissé sur la glace dans le parking, il veut te poursuivre. Tu veux pas rembourser le produit qu’il a acheté en 2013, il veut te poursuivre. Le début de la file d’attente est pas trop clair, il veut te poursuivre. Lui, tu le reconnais aussitôt parce que tu te souviens du jour où il est arrivé avec l’office de la langue française, quand tu lui as vendu Rocky et que sur la boîte, ça aurait dû être traduit «Rocheux». L’avocat, il est prêt à se lancer dans un procès de deux ans quand dans l’fond, tout ce qu’il a besoin vraiment, c’est juste d’une petite escapade dans le Red Room of Pain du client Grey.

 

Pour conclure, je vais juste rappeler à tous les employés du service à la clientèle qu’y’a un crayon brun dans toutes les boîtes de Crayola. Maintenant que j’ai fait ma part, je peux vous pointer du doigt en criant HAHAHA!

Je vous souhaite quand même un excellent temps des fêtes et pour tous les autres, c’est Noël : ne soyez pas le crayon brun de la boîte.

Bon, je vous laisse… Faut j’ailles louer ma machine Karaoké au Best Buy pour mon party de noël.

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